vendredi 14 juin 2013

LE VILAIN MAL-PENSANT


  (Chronique parue le 14 juin dans le Journal de Québec. J'entre en vacances
de chroniqueur. Je reprendrai du service à l'automne. Mais, si le coeur m'en dit, je bloguerai à l'occasion.)
 

Quand le vilain mal-pensant que je suis ose insolemment traiter de changement climatique, vous ne pouvez vous imaginer la brouettée de vilenies que déversent sur ma tronche les enverdeurs sectaires du mandarinat réchauffiste.

Évidemment, n’étant pas maso, je censure en flushant les courriels haineux, car il ne faudrait pas que mes petits-enfants lisent de telles insanités sur leur grand-père.

Il faut dire que les environnementeurs patentés sont tellement habitués à se faire lécher les orteils (et d’autres parties du corps) par les politiciens, les scribes et les artistes, que dès qu’un trouble-fête dans mon genre se met à douter de leur catéchisme, alors, là, le clergé écolo s’étrangle d’indignation et se met à chanter pouilles à la mauvaise graine qui ne daigne pas se prosterner.

Je reviens donc sur la question, pas pour convaincre les zélotes du GIEC (entre autres, les salopards qui me traitent de grand-père indigne et la blogueuse de l’Actualité qui exige que Québécor me vire), mais pour montrer leur aveuglement idéologique.

 Toute cette fine fleur du réchauffisme qui m’agonit d’injures se refuse à reconnaître un fait indéniable et lourd de conséquences : le réchauffement s’est arrêté depuis 15 ans. C’est quand même pas banal! Même le président du GIEC le reconnait. Même James Hansen, le climatologue vénéré des partisans du catastrophisme climatique, a été en quelque sorte obligé de l’admettre. Depuis, il cherche fébrilement…la «chaleur perdue»!

Ce phénomène, je le répète, rend caducs, invalides, nuls et non avenus, les modèles informatiques sur lesquels on s’appuyait pour prédire des hausses de température terrifiantes dans le siècle à venir.

Tous ces escrologues continuent de nous annoncer des calamités comme si de rien n’était! «La Terre se réchauffe dangereusement!», prêchent-ils furieusement. Vous aurez beau leur hurler que le réchauffement s’est arrêté, ils ne vous entendront pas, ils sont dans leur bulle idéologique. C’est là un fait qui ne s’imbrique pas dans leur échafaudage doctrinaire. Alors, on l’écarte et on l’abolit!

Même constat concernant le CO2. On persiste à le considérer comme un gaz toxique, nuisible et dangereux. Sur ce sujet, je me permets de citer John R. Christy, docteur es sciences, climatologue de l’Université d’Alabama, lors d’un témoignage devant une commission sénatoriale américaine en août 2012.

«Lorsqu’on réfléchit au sujet d’une politique concernant le CO2, on ne peut ignorer  les immenses bénéfices résultant directement du CO2 ou, indirectement, via sa relation avec l’énergie à faible coût. Il est un fait élémentaire que le CO2 est la nourriture des plantes et que le monde autour de nous a évolué avec des niveaux de CO2 qui étaient cinq à dix fois plus élevés qu’aujourd’hui. Notre planète verte résulte du CO2 contenu dans l’atmosphère. Le CO2 supplémentaire que nous injectons dans l’atmosphère non seulement renforce la biosphère mais augmente aussi les rendements de nos récoltes pour l’alimentation.»

«Une concentration de CO2 en augmentation est aussi un indicateur du progrès de l’humanité en matière de santé, de bien-être et de sécurité que nous apporte une énergie à bas coût basée sur le carbone. En tant que personne ayant vécu dans un pays en voie de développement, je peux certifier que, sans énergie, la vie est cruelle et de courte durée. Et l’ONU estime qu’environ deux millions d’enfants meurent chaque année à cause des fumées toxiques résultant de la combustion du bois et de la bouse dans leurs maisons.»

Pour ces millions d’humains, le recours aux hydrocarbures serait  un progrès indéniable. Mais le dire est une monstrueuse hérésie.

Jacques Brassard

 

vendredi 7 juin 2013

LES PIÈGES DE L'IRRÉFLEXION


 (Chronique parue le 7 juin 2013 dans le Journal de Québec)

Récemment, la ministre de l’Immigration déclarait au journal Métro que «nous avons besoin d’immigrants» et qu’elle était même disposée à «accueillir un plus grand nombre d’immigrants, mais qu’il faut encore amenuiser les craintes face à la différence, qui barrent parfois le chemin aux nouveaux venus».

Comme je veux rester poli, je dirais que voilà une déclaration pour le moins irréfléchie. Et sans fondement.

 D’abord, l’affirmation voulant que «nous avons besoin d’immigrants» n’est pas validée par les faits et les études. La ministre aurait dû lire le livre de Benoît Dubreuil et Guillaume Marois, intitulé Le Remède Imaginaire.

«Depuis 2007, écrivent-ils, sous l’activisme du gouvernement et des commentateurs, l’idée que l’immigration doit jouer un rôle essentiel pour contrer les effets négatifs du vieillissement de la population s’est répandue au Québec comme une traînée de poudre.»

«Elle l’a fait malgré la présence d’une importante littérature en démographie démontrant l’influence marginale de l’immigration sur la structure par âge de la population.»

«Elle l’a fait malgré une littérature économique démontrant l’impact négligeable de l’immigration sur des variables cruciales comme les salaires et le PIB par habitant.»

Coudon, est-ce que la classe politique et la technocratie sont analphabètes et donc incapables de lire un livre et de prendre connaissance des études pertinentes? Savoir lire leur épargnerait pourtant la honte de dire des âneries!

Ensuite, il y a, dans la déclaration de la ministre, une tendance manifeste à culpabiliser la société d’accueil. Nous serions réfractaires à la «différence», fermés aux autres, et voilà pourquoi l’intégration est en panne. Ce mauvais procès est indigne d’un membre du gouvernement québécois.

Mais il y a surtout, de la part de la ministre, cet aveu ahurissant que le Québec pourrait envisager «d’accueillir un plus grand nombre d’immigrants». Croire que l’on puisse sans danger relever encore le seuil d’immigration, est-ce de l’irréflexion ou de la rectitude politique? Ou les deux à la fois?

Seuls quelques rares députés ont osé affirmer que 55,000 immigrants par année, c’est nettement trop. Ce fut le cas de Pierre Curzi et de Mario Dumont. Rappelons qu’ils ont tous deux quitté la scène politique.

Cette loi du silence qui règne sur l’Assemblée Nationale démontre bien que nous sommes en face d’un tabou. Et la bien pensance politique commande de ne pas briser ce tabou. Si vous le faites (comme Curzi et Dumont), vous allez être traités de xénophobes, et même de racistes.

Cette idée de hausser une autre fois le seuil d’immigration (55,000 par année) est non seulement irresponsable, mais elle fait fi des lacunes majeures en matière d’intégration des nouveaux venus.

La question urgente que la classe politique devrait creuser est la suivante : combien d’immigrants sommes-nous en mesure d’intégrer adéquatement à la majorité québécoise? Quand on prend acte du triomphe du multiculturalisme partout en Occident (c’est-à-dire la fragmentation de la société en diverses communautés ayant le droit constitutionnel de conserver et de promouvoir leurs identités respectives), il saute aux yeux que ce n’est certainement pas 55,000!

Quel parti politique aura le courage et la clairvoyance de remettre en question le niveau actuel du seuil d’immigration, de le revoir substantiellement à la baisse et de proposer une politique d’intégration véritable qui ne reposera pas sur le multiculturalisme et, par conséquent, sur le communautarisme et la ghettoïsation?

Ce devrait être le PQ puisqu’il se veut le défenseur et le promoteur de l’identité québécoise. Ce ne semble pas être le cas.

Jacques Brassard

 

 

 

vendredi 31 mai 2013

400 PARTIES PAR MILLION

(Chronique parue le 31 mai dans le Journal de Québec)

La kamarade Françoise David, grande prêtresse écolo-gauchiste, a récemment fait sonner les cloches d’alarme à l’Assemblée Nationale au sujet d’un évènement, selon elle, lourd de catastrophes : la concentration du CO2 dans l’atmosphère a franchi le cap de 400 particules par million.

Êtes-vous bien conscient de ce qui vous arrive, ô peuple de linottes étourdies? Le CO2, ce gaz inventé par Belzébuth pour détruire la planète, constitue désormais 0,04% de l’atmosphère! J’en frémis! Je vois déjà ma progéniture calcinée dans la fournaise climatique!

Et l’Assemblée Nationale unanime vous avertit de ne pas vous laisser baratiner par les enjôleurs climato-sceptiques qui vont vous susurrer à l’oreille que, tout compte fait, 0,04% de CO2 dans l’air, c’est quand même très peu et qu’il n’y a pas de quoi se construire des bunkers pour échapper à la friture planétaire. 0,04%? Plutôt insignifiant, non? Et puis, ça va être bénéfique pour les récoltes et la croissance des arbres.

Je me le demande, pourquoi cauchemarder sur un réchauffement climatique…qui s’est arrêté? Car je le répète à tous les zombies du climat, le réchauffement s’est arrêté. Il stagne depuis 16 ans. Même les apparatchiks du GIEC ont fini par le reconnaître. C’est donc désormais un fait scientifiquement constaté : le réchauffement fait du surplace. Et la température globale commencerait même à fléchir. Beaucoup de scientifiques nous annoncent une période froide pour cause de ralentissement cyclique majeur de l’activité solaire.

Concrètement, cela signifie que 16 ans sans réchauffement nous révèlent une contradiction entre l’observation et la prédiction. Pour le dire sans détour, les modèles informatiques qui nous mijotaient des scénarios suffocants (3, 4, 5, 6 degrés) sont faux. Pas plus fiables que la rubrique astrologique de votre quotidien.

Oui, mais, rétorquent les escrologistes, le CO2 qui a atteint désormais 400 parties par million (0,04%) va de nouveau provoquer le réchauffement. Ah! Oui! Et si, plutôt, le CO2, comme le pensent de plus en plus de savants, n’était tout simplement pas le facteur décisif dans la gouverne du climat? S’il était vraiment déterminant dans l’évolution du climat, le réchauffement ne se serait pas arrêté pendant plus de 15 ans.

Le scepticisme est d’autant plus de mise que les autres éléments invoqués pour décrire les catastrophes découlant du réchauffement ne sont pas non plus au rendez-vous.

C’est ainsi que la hausse terrifiante du niveau des océans n’est pas apparue.

La fonte de la banquise arctique ne se produit pas non plus. La banquise est toujours là.

Quant à celle de l’Antarctique, elle n’a jamais été menacée de disparaître. Au contraire, sa superficie augmente.

Bref, le réchauffement est en panne et le dogme réchauffiste, lui, s’effrite. Et ce n’est pas le Devoir qui va en faire une manchette.

Chez nous, cependant, le réchauffement climatique est toujours la cause unique de ce qui arrive : d’une chute de neige fin mai dans la réserve des Laurentides (voir le Journal de Québec du 27 mai); d’un hiver glacial en Europe; de tempêtes de neige au Colorado; de la prolifération des puces de lit et des coquerelles à Montréal!

Pourquoi cette étrange défectuosité mentale nous affecte-t-elle aussi massivement? Parce que des scientifiques défendent bec et ongles leur carrière toute entière fondée sur le réchauffisme; parce que l’État et la classe politique siphonnent  les contribuables pour combattre le réchauffement; parce que le clergé écolo s’en sert pour saper l’économie capitaliste.

Tout ce tohu-bohu pour un misérable «400 parties par million»! Quelle loufoquerie!

Jacques Brassard

 

 

 

vendredi 24 mai 2013

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Vous pourrez lire ci-dessous un texte sur mon livre Hérésies paru sur le site DesInfos.com, un site consacré à la défense d'Israel et du peuple Juif. En le lisant, vous comprendrez que j'en sois très flatté.
Étrange paradoxe: deux sites européens, Dreuze et Des Infos, louangent mon livre...alors que le quotidien pour qui je suis un chroniqueur régulier n'a même pas daigné en dire un mot. Il faut croire que les mal-pensants sont comme les prophètes...ignorés dans leur propre bourgade!



Jacques Brassard ou la sagesse d’un hérétique

Hélène Keller-Lind
vendredi 24 mai 2013
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De ce côté de l’Atlantique, le nom ne dira pas grand chose, mais au Québec Jacques Brassard on connaît. Plusieurs fois ministre, député réélu pendant plus de vingt-cinq ans reconverti dans le journalisme et blogueur convaincu, il affirme tranquillement des convictions bien ancrées et fondées sur une longue réflexion. Qui vont souvent à contre-courant de celles qu’affichent la plupart des politiques, journalistes et autres intellectuels en place. D’où le titre de son ouvrage, « Hérésies », publié par Daniel Laprès, un éditeur allant lui aussi volontiers à contre-courant. On y appréciera les différences mais aussi les similitudes avec le cas français, l’accent et l’humour en prime.

L’ouvrage « Hérésies » se lit avec bonheur. Car l’auteur Jacques Brassard s’exprime avec une faconde des plus savoureuses, drôlerie et humour, n’hésitant pas à utiliser mainte expression bien du terroir. Québécois, en l’occurrence. Ce qui marque une identité bien affirmée, et on touche là aussi au fond, mais qui ajoute à la saveur du texte, pour un lecteur canadien français « pure laine » mais d’avantage encore, sans doute, pour un lecteur français de France ou d’ailleurs.
Pour ce lecteur-là, l’ouvrage fait découvrir un Québec souvent peu ou mal connu. Car Jacques Brassard a été député pendant vingt-six ans et plusieurs fois ministre, puis chroniqueur dans deux quotidiens et blogueur assidu. C’est donc de l’intérieur que l’on découvre avec lui les rouages de cette province canadienne pas comme les autres puisqu’elle est peuplée majoritairement depuis 400 ans de Français et de leurs descendants installés en Amérique du Nord, avec un certain désir d’indépendance, désir que partage Brassard, qui souhaite ardemment que le Québec se sorte d’une impasse financière qui le place au bord du gouffre, dit-il. Car « l’État québécois est parmi les plus endettés et les plus taxés » au monde, les gouvernements successifs ayant privilégié l’augmentation des taxes pour continuer à financer de grands programmes de l’État. Notamment, dit-il, « un service de santé » qui pourtant se dégrade de jour en jour. Un système étatisé, coûteux et inefficace, dit-il, préconisant l’introduction d’une dose de privé pour y remédier. Comme il le fait dans d’autres domaines, cet ancien gauchiste, de son propre aveu étant devenu de droite.
Autre problème qu’il examine et dénonce : celui d’un autre dogme ayant pour nom le multiculturalisme, qui entraîne un renoncement à son identité propre, judéo-chrétienne, en l’occurrence. Héritage relativisé, y compris à l’École avec une « ratatouille multiculturelle, le cours d’Éthique et Culture religieuse ». Le Québec étant terre d’immigration il avertit : « le processus d’intégration des immigrants doit conduire à terme à l’assimilation. L’Europe nous montre où peut conduire la non-intégration des nouveaux-venus à la communauté nationale : une islamisation intensive de quartiers des grandes villes... » et ce qui en découle. Il ajoute que « c’est dans la métropole (Montréal) que la dévastation multiculturaliste prend une ampleur angoissante ». Il cite à cet égard le sociologue Mathieu Bock-Côté, qui préface son ouvrage, pour qui « il est en train de se forger une nouvelle identité multiculturelle montréalaise distincte de la communauté nationale majoritaire ayant pris racine dans la vallée du St-Laurent il y a 400 ans. Nous sommes ceux qu’on appelle les « de souche » ou avec encore plus de mépris « les souchiens ». Phénomène constaté également dans l’Hexagone, on le sait...
Au-delà de l’aspect québécois du constat, l’aspect universel
Et Jacques Brassard de dénoncer les tabous qui bloquent le système, les corporatismes, l’aveuglement de la classe politique, y compris de son ancien parti, le Parti québécois, aujourd’hui au pouvoir, de la plupart des journalistes, des syndicalistes, etc. Une réflexion qui trouvera sans doute un écho de ce côté-ci de l’Atlantique. Car, au-delà des aspects spécifiques de ce qu’il décrit et commente, il y a la valeur plus universelle de son constat, les mêmes causes produisant les mêmes effets.
Ce volet, est évoqué plus particulièrement dans la troisième partie de l’ouvrage intitulé « le Québec à la croisée des chemins ». Il y parle aussi d’un personnage politique d’extrême gauche, Amir Khadir, qu’il appelle « l’agité du Plateau », le Plateau de Montréal étant un quartier prisé des bobos – et des Français, d’ailleurs –. Personnage qu’il présente ainsi : « Le camarade Khadir, c’est surtout l’incarnation accomplie de l’écolo-socialisme québécois, crachant à tout vent sa haine inextinguible de l’entreprise privée capitaliste ». Qui est également aussi, cela va de soi, d’un « anti-américanisme pathologique » et « un antisioniste enragé » . Jacques Brassard rappelant que « l’antisionisme est la forme contemporaine de l’antisémitisme ».
Une question qu’il examine de plus près, citant des sources comme Pierre-André Taguieff, Michel Gurfinkiel, Guy Millière ou Emmanuel Navon, dans la seconde partie du livre, « Civilisation occidentale et Israël : notre devoir de solidarité ». Devoir car, au-delà de la justice, rappelle-t-il mainte fois, l’identité québécoise est avant tout judéo-chrétienne. Il dénonce la délégitimation et la diabolisation d’Israël, la haine du Juif et de l’État juif « axe doctrinal de l’islamisme radical », citant « théocratie iranienne, Hamas, Hezbollah, Frères Musulmans, Al Quaïda, Fatah, etc. » et « les occidentaux, surtout de gauche, qui soutiennent la position antisioniste des islamistes de tout poil, et tout particulièrement celle des Palestiniens ( incarnant à leur yeux la Victime exemplaire et l’Opprimé par excellence) ».
L’auteur dénonce aussi un travers bien installé au Québec mais qui ne peut toucher la France dans ce domaine, grâce à la législation française et en dépit de tentatives répétées, à savoir le « boycott des produits d’Israël ». Jacques Brassard tourne en dérision l’accusation d’apartheid utilisée pour tenter de justifier ce harcèlement de commerçants québécois qui vendent ce type de produits, déplorant « l’indifférence de nos belles âmes », fermant par ailleurs les yeux sur toutes les violations, souvent graves, des libertés religieuses dans le monde musulman. Les mécanismes, on le voit, sont identiques en la matière des deux côtés de l’Atlantique.
Dans la première partie du livre Jacques Brassard évoque ce qu’il qualifie de « notre clergé verdoyant ». Clergé car le Québec a longtemps été très catholique, une part intégrante de l’héritage culturel québécois. Mais aujourd’hui, dit-il, ce clergé-là a été remplacé par un autre : celui de la doctrine écologique, élevée au niveau de croyance et de dogme. Une idéologie, un « catéchisme » qu’il met en pièces avec saveur, citant des scientifiques comme Claude Allègre – moqué en son temps en France – ou un rare scientifique « climato-sceptique » québécois, Reynald du Berger, dénonçant le « climategate la manipulation avérée de données scientifiques de la part de l’organisme chargé d’étudier le réchauffement climatique – mais aussi le fait que le taux de CO2, un gaz nécessaire, dit-il, continue de monter alors que le climat se refroidit depuis quinze ans maintenant. Il démonte les rouages de l’affaire, nombre de politiques et de journalistes en ayant été partie prenante, en privilégiant les thèses écologistes et en taisant les thèses, voire les preuves contraires. Alors que les accords passés – ou pas, d’ailleurs – comme celui de Kyoto, ont beaucoup nui à l’économie des pays signataires. Il y voit la volonté gauchiste de mettre l’homme au banc des accusés, alors qu’il n’est guère coupable de feu le réchauffement climatique.
Daniel Laprès, un éditeur québécois engagé
Jacques Brossard rend hommage à « l’éditeur Daniel Laprès sans qui ce livre n’aurait pas vu le jour », certains « bien-pensants » allant même jusqu’à enjoindre publiquement de le faire taire. Sans doute est-ce parce que, justement, Daniel Laprès fait partie de ceux qui, tel Jacques Brassard, se situent parmi les « mal-pensants en rupture de ban avec une bien-pensance oppressante ». Ancien conseiller de deux ministres canadiens des Affaires étrangères, Lloyd Axworthy et Bill Graham, il caressait depuis longtemps, nous a-t-il confié, le projet de créer une maison d’édition, compte tenu des difficultés à publier certains points de vue au Québec. Y compris celui de Jacques Brassard, pourtant ancien ministre de premier plan. Les « textes mordants, jouissifs » de Brassard, de même que sa personnalité l’ayant séduit, Laprès l’a contacté et c’est ainsi qu’est né « Hérésies ». Ce que Jacques Brassard écrit sur son appui sans réserve à Israël, dit l’éditeur, est d’autant plus important que cela représente l’opinion d’une personnalité publique reconnue et appréciée de nombreux Québécois. Il se dit donc très fier d’être celui qui aura publié les propos de Jacques Brassard.
C’est d’ailleurs un thème qui lui tient beaucoup à cœur. Déjà pro-Israël, il se rendit compte avec la campagne de harcèlement menée contre des commerçants montréalais vendant des produits israéliens, de la dimension haineuse, raciste et totalitaire des anti-israéliens. Le premier ouvrage que sa maison d’édition a fait paraître, il y a moins d’un an, est « Les faces cachées d’Amir Khadir », qui évoque d’ailleurs largement ce sujet, au point selon l’éditeur de contenir « la première défense élaborée d’Israël à avoir été publiée au Québec ». Amir Khadir est ce politicien démagogue d’extrême gauche également mentionné par Jacques Brassard et qui dont la hargne anti-Israël est, selon Daniel Laprès, « une évidente démonstration de la nécessité pour nous Québécois de défendre Israël » et de lutter contre l’antisémitisme, notamment sous sa forme antisioniste. Il rappelle, à cet égard, que les Québécois avaient, dès 1807, élu « le premier député juif élu en Amérique du Nord et dans l’Empire britannique, Ezekiel Hart, né à Trois-Rivières au Québec ». Même si cette élection suscita la controverse…
Quant à l’identité québécoise, tout comme Jacques Brassard, l’éditeur y est particulièrement attaché et, comme lui, il la voit menacée par « l’immigration islamiste massive et par les politiques aberrantes imposées dans le système scolaire par la bureaucratie multiculturaliste du ministère de l’Éducation, qui d’ailleurs préside à un désastre en ce qui concerne la qualité de l’enseignement de la langue française, un enjeu pourtant crucial pour l’identité québécoise ».
Et, petit clin d’œil de l’histoire, c’est avec un grand plaisir que Daniel Laprès, mélomane passionné et grand admirateur de Charles Munch (1891-1968), qui dirigea, entre autres, de nombreux concerts de l’Orchestre Philharmonique d’Israël ainsi que de l’Orchestre Symphonique de Montréal, deux orchestres pour lesquels Munch s’était pris d’affection, découvrit que ce chef d’orchestre particulièrement réputé avait été l’un des fondateurs enthousiastes de l’Association États-Unis-Israël lorsqu’il était le chef principal du très prestigieux Boston Symphony, de 1949 à 1962.


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CE N'EST QU'UN DÉBUT...


  (Chronique parue le 24 mai dans le Journal de Québec)

Le pragmatisme du Ministre des Finances, Nicolas Marceau, l’a heureusement emporté sur le radicalisme écolo de la Ministre des Ressources Naturelles, Martine Ouellet : l’industrie minière ne s’effondrera pas sous les coups d’un régime de redevances confiscatoires.

Des commentateurs prennent un malin plaisir à proclamer que le Gouvernement Marois a reculé encore une fois. Moi, je dis : bravo! Félicitations pour ce bénéfique recul!

Mais ce réjouissant retour au principe de réalité doit inspirer des décisions semblables dans le domaine de l’énergie.

L’entêtement de la ministre Ouellet à continuer de privilégier la filière éolienne est de nature purement idéologique. Pour les Verts, on le sait, il n’y a qu’une énergie qui trouve grâce à leurs yeux, c’est l’énergie éolienne. Le culte du Dieu Éole est très pratiqué au sein de la «nébuleuse» écolo. Et il peut compter, non seulement sur un clergé très zélé, mais aussi sur une classe politique qui a pris l’habitude de se prosterner devant les caprices et les diktats des verdoyants. C’est très branché, cette vénération que l’on voue au Dieu Éole et à ces gigantesques vire-vent qui sont en quelque sorte les mâts totémiques de ce nouveau paganisme.

Pourtant le Dieu Éole est un dieu frivole, capricieux et …paresseux. Non seulement, c’est une énergie coûteuse, mais c’est aussi une filière inefficace, le facteur d’utilisation des éoliennes n’étant que de 25% (elles ne produisent que pendant 25% du temps).

Alors, pourquoi cet acharnement à s’agenouiller devant les gros vire-vent? Parce qu’ils ne génèrent pas de CO2! Vous savez, ce gaz maléfique censé provoquer un réchauffement climatique catastrophique.

Or, partout où l’on a privilégié (à coup de subventions généreuses) l’éolien, on s’est retrouvé, non seulement avec une énergie coûteuse (ce qui veut dire des tarifs élevés), mais peu fiable (les vire-vent ne tournent pas toujours quand on en a besoin).

C’est cas de l’Espagne. Mais c’est surtout le cas de l’Allemagne.

L’Allemagne verte, pour faire plaisir aux écolos, a décidé de renoncer au nucléaire (une énergie qui n’émet pourtant pas de CO2) et de privilégier les énergies dites renouvelables.

Résultats : le rendement de l’éolien devait être de 30%, il n’est que de 16%; pour le solaire, c’est l’hécatombe avec des faillites en cascade; et, paradoxalement, les centrales au charbon se multiplient (polluantes et fortes émettrices de CO2); les Allemands ont les tarifs les plus élevés d’Europe.

Ici, au Québec, malgré l’échec patent des Européens, on continue de planter des monstrueux vire-vent dans les paysages régionaux. Décidément, l’exécration du CO2 aveugle les décideurs politiques et détraque l’entendement des écolos.

Par conséquent, un régime de redevances minières raisonnable, c’est très bien, mais ce n’est qu’un début…Il faut aussi mettre un terme au dérapage éolien, filière coûteuse et inefficace, sinon ce sera un désastre à l’européenne.

Nous avons la chance d’avoir encore un immense potentiel hydroélectrique. Notre avenir énergétique est toujours dans cette filière. Développons-là sans honte et sans remord.

Et qu’est-ce qu’on attend pour casser les moratoires absurdes et lever les contraintes bureaucratiques irrationnelles qui empêchent l’exploitation profitable et sécuritaire des gisements d’hydrocarbures qui dorment dans notre sous-sol? On attend la bénédiction du clergé écolo? Oubliez ça! Ça ne viendra jamais!

Bref, le nouveau régime de redevances ne doit pas être qu’une brève lueur de gros bon sens dans le désarroi économique qui nous afflige. Ce geste satisfaisant doit être le prélude à une révision majeure de nos objectifs de développement.

Jacques Brassard

 

 

jeudi 23 mai 2013

LA DIGNITÉ ET LA MORT


 (Chronique parue le 17 mai dans le Journal de Québec)

Je crois utile de revenir sur la légalisation de l’euthanasie puisque, d’une part, un projet de loi en ce sens devrait être déposé bientôt et, d’autre part, une manifestation aura lieu demain dans la Vieille Capitale.

J’y reviens parce que je trouve profondément fallacieuse la tentative de la ministre responsable d’assimiler l’euthanasie à une mort digne. Il y a là une volonté manifeste de créer de la confusion dans les esprits dans le but de  faire adopter le projet de loi de façon précipitée.

Et comme il est question de «mourir dans la dignité», il est essentiel de considérer ce concept de «dignité».

Ce concept, nous dit Jacques Suandeau, de l’Académie pontificale pour la Vie, «est lié à l’appartenance du sujet à l’espèce humaine, au fait qu’il est un être humain, et donc digne de respect, quels que soient sa race, son âge, son sexe, sa condition économique ou son intelligence. La dignité humaine n’est liée à aucun critère d’aptitude, à aucune condition, sinon celle de l’appartenance à l’ordre humain.»

La dignité est donc, comme disent les philosophes, «ontologique», c’est-à-dire inhérente à la nature humaine.

«C’est cette dignité, poursuit Jacques Suandeau, liée au statut d’être humain qui peut être niée ou bafouée, par exemple dans la pratique de l’esclavage ou dans l’imposition de traitement volontairement avilissant».

Par conséquent, la dignité d’une personne ne peut être diminuée d’aucune façon, ou même anéantie, par le fait que cette personne soit affectée par l’âge, ou la maladie, ou la perte de capacités physiques et mentales. La dignité demeure toujours pleine et entière. Et elle doit être pleinement respectée, que la personne soit bien portante ou qu’elle soit en fin de vie.

«Respecter la dignité du mourant, nous dit Jacques Suandeau, c’est lui assurer les meilleures conditions de vie possibles, avec le maximum de confort physique et moral, au cours des quelques jours qui lui restent à vivre, libérant ainsi son esprit pour lui permettre de faire face à sa mort, de régler de façon responsable ses devoirs matériels, de dire adieu à ses proches, de prier (s’il est croyant).»

C’est précisément ce qu’on fait dans les maisons de fin de vie, comme celle de Solican, chez moi, à Alma. On donne aux personnes les soins appropriés pour leur assurer le maximum de confort et de réconfort. Ces personnes meurent vraiment dans la dignité. Leur dignité n’est pas bafouée.

L’euthanasie, ce n’est pas mourir dans la dignité. Au contraire, écrivent le philosophe Louis-André Richard et le directeur de la Maison Michel-Sarrazin, Michel L’Heureux, «abréger la vie d’un être humain par l’euthanasie serait une confirmation que cette personne mourante a un statut inférieur et n’a plus la dignité d’un être humain à part entière, dont il faudrait s’occuper avec déférence».

Et une loi n’est pas légitime du seul fait qu’elle est la loi. Une loi, puisqu’il ne faut pas confondre légalité et légitimité, pour être pleinement légitime doit être fondée sur ce que la tradition philosophique désigne sous le nom de «droit naturel» ou «loi naturelle». Et la dignité humaine est au cœur de ce «droit naturel». L’euthanasie, même balisée, est une atteinte grave à la dignité humaine et, de ce fait, à la «loi naturelle».

Le code criminel canadien fait de l’euthanasie un crime. Veut-on y contrevenir pour en faire une chicane fédérale-provinciale? Le Gouvernement ferait mieux de porter attention, demain, au message des manifestants.

Jacques Brassard

 

 

vendredi 10 mai 2013

FRICOTAGE CLIMATIQUE: LE BAZAR DU CARBONE

(Chronique parue le 10 mai dans le Journal de Québec)

Grande nouvelle : le marché du carbone québécois sera lié à celui de la Californie (le seul État américain engagé dans ce maquignonnage  de CO2).  Soit dit en passant, l’économie californienne est en piteux état et celle du Québec ne va pas très bien non plus. Voilà donc deux économies mal en point qui se précipitent dans le fricotage carbonique. Une démarche déraisonnable et périlleuse!

Libéraux et péquistes (le marché fut créé par les libéraux et sera mis en place par les péquistes avec l’approbation de la CAQ) auraient dû jeter un coup d’œil du côté de l’Europe avant de piéger les entreprises québécoises dans cette chausse-trappe.

Car, en Europe, le marché du carbone est à la fois un échec économique et une énorme escroquerie.

Le système d’échange de quotas d’émission (de CO2) destiné à réduire les émissions de gaz à effet de serre est en panne. Les prix des quotas sont tombés à presque rien, trop de permis ayant été émis. Un joyeux foutoir!

La commission Européenne a donc proposé le gel des enchères d’une portion des quotas d’émission, cette réduction de l’offre devant faire augmenter le prix du carbone. Le Parlement Européen a rejeté la proposition. Il a même suspendu l’application  du système d’échange des quotas pour les vols intercontinentaux, les compagnies aériennes européennes étant défavorisées face à leurs concurrents d’ailleurs.

Dernier détail croustillant : le marché a été gangrené par de multiples fraudes et escroqueries (surtout autour de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Un sacré gâchis!

Et nous, les Verdoyants québécois innocents (dans tout les sens du terme), de concert avec la Californie écolo-radicale, nous allons mettre en place, les seuls au Canada, cette foire aux illusions, affectant gravement la compétitivité des entreprises.

Ces dernières se verront donc remettre des «permis de polluer» représentant un tonnage de CO2. Si une entreprise dépasse son quota, elle devra acheter des crédits sur le marché-carbone.

Il s’agit d’un marché artificiel, créé de toutes pièces par l’État, et qui aura forcément comme conséquence une hausse des coûts de production.

Une remarque d’abord sur l’expression «permis de polluer». Elle est mensongère. Parce que le CO2, le dioxyde carbone, n’est pas un polluant. C’est un gaz inoffensif, non toxique, et essentiel à la vie sur Terre. À la végétation surtout. C’est ce qui pétille dans votre verre de Pepsi ou votre flûte de champagne. Et c’est ce que vous expirez dans le processus de respiration. Par conséquent, désigner les émissions de CO2 comme de la pollution est une imposture.

Il convient ensuite de s’interroger sur les fondements d’une pareille arnaque. Ce bazar du carbone sera créé parce que la classe politique et les Verts, soutenus par les médias, sont convaincus que les émissions humaines de CO2 provoquent un réchauffement climatique déclencheur de catastrophes.

Or, ce postulat n’est pas scientifiquement fondé.

Quelques rappels : le réchauffement s’est arrêté depuis 17ans alors que le taux de CO2 continue d’augmenter; le CO2 d’origine humaine ne représente que 5% de l’ensemble des émissions, tout le reste étant d’origine naturelle; l’analyse du climat passé montre que c’est d’abord la température qui augmente et ensuite le CO2.

Avant de se lancer dans une aventure ruineuse, la classe politique aurait intérêt à réviser ces certitudes en matière de climat. Et il serait temps aussi que les acteurs économiques cessent d’être poltrons et refusent d’être complices de cette supercherie carbonique.

Jacques Brassard